Un boycott légitime
- EAN 9782358720878
Pour l'État d'Israël, la principale source d'exportation vers l'Occident n'est
pas faite de mandarines ou d'avocats, ni même d'armement ou de systèmes
sécuritaires : l'essentiel, c'est la promotion d'une image, celle de l' «
énergie créative » pour tout ce qui touche à la culture. « Les produits
israéliens comme la littérature, la musique, la danse, le cinéma, l'art, la
gastronomie, la science et les technologies, l'architecture et l'histoire sont
des domaines culturels susceptibles de toucher les publics cible,
particulièrement en Europe » explique un ex-député du parti de gauche Meretz. Or
cette vitrine culturelle, comme le prestige international de l'université
israélienne, masquent une tout autre réalité : les liens entre cette université
et l'institution militaire, le rôle de l'université dans la recherche de
nouveaux outils de combat et de renseignement, la discrimination des étudiants
palestiniens, l'absence de protestation contre les guerres menées à Gaza? Et
l'évidence que les écrivains, artistes et cinéastes du soi-disant Camp de la
paix, d'Amos Oz à Amos Gitaï ou David Grossman, ne sont que des dissidents
officiels tout à fait inoffensifs. C'est cette réalité-là qui explique le succès
exponentiel du boycott académique et culturel dans le monde entier ? et les
réactions très vives du pouvoir israélien contre ce qu'il considère désormais
comme une « menace existentielle ». Ce boycott ne concerne pas les personnes
mais les institutions et ceux qu'elles soutiennent. Il n'est ni un obstacle au
dialogue, ni un frein à l'action d'une « gauche sioniste » muette et
paralytique. Il est un mode de résistance pacifique et parfaitement légitime.
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