Poèmes
- EAN 9782070302857
""Tout s'est éteint, flambeaux et musiques de fête..." Voici donc ces poèmes
séparés d'une légende qui les enrobait. Peu importe une légende, quand elle ne
défigure pas les oeuvres. Celle-là les a plus que défigurées. Mais autant en
emporte la vie : le seul portrait ressemblant qui restera de Louise de Vilmorin
sera bientôt celui qu'apporte le livre de son frère André. Déjà la légende se
retire, comme la mer. La clef de Louise de Vilmorin n'était pas dans une
mondanité épisodique (j'ai vu à Verrières moins d'Altesses que de protégés), ni
dans une grâce célèbre, mais dans une fantaisie impulsive et féerique. Nulle
rêverie n'a mieux transfiguré les Contes de Perrault, que l'étude qu'elle leur a
consacrée. Elle parlait à merveille de Titiana, et parfois parlait comme elle.
En 1933 (elle n'écrivait pas encore, et toussait) elle m'avait dit : " - Je
m'agite, on croit que je vais dire quelque chose d'intelligent. Pas du tout : je
tousse. - Vous ressemblez à certaines jeunes femmes de Shakespeare. - On m'a
seulement dit : de Gyp." Elle ne ressemblait pas à Madame de, mais à Maliciôse.
Et à maints égards, ces poèmes sont les poèmes de Maliciôse. On en a rarement
compris la nature, parce qu'ils ont été publiés avec toutes sortes de
calligrammes, vers olorimes, ou palindromes. Très douée pour des acrobaties qui
commençaient par le poème à Gaston Gallimard : "Je méditerai - Tu m'éditeras..."
et finissaient par des calligrammes en forme de tonneau compliqué, Louise de
Vilmorin les mêlait volontiers à ses vrais poèmes. Or, sa virtuosité, qui
naissait du jeu, semblait liée à un domaine foncièrement littéraire. D'où le
malentendu fondamental, plus grave que celui de sa légende : car l'importance de
cette poésie, c'est qu'elle est, à contre-courant de la poésie contemporaine,
une poésie orale. Quelqu'un parle." André Malraux.
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