{"product_id":"voir-une-femme","title":"Voir une femme","description":"Nous sommes dans un hôtel de luxe, un de ces Palaces, à Saint-Moritz, dans la\nHaute-Engadine, en Suisse. Un lieu de cure, un lieu de repos et de calme pour\ngens fortunés, dans un paysage de lacs et de montagnes. L’air est pur, l’hiver,\ntout est blanc. Aveuglant. On se croise, on se frôle, on se fond dans la foule,\non danse. Jazz, smokings, whisky, cigarettes et robes de gala. Des regards\nfulgurent, invitent à se rejoindre, la séduction foudroie, mais les bruits\ncourent, d’autres regards vous regardent, ces « mille regardsÂ » toujours sur\nvous. On parle, on moque, on calomnie. Toute cette légèreté dangereuse d’une\nhaute société qui s’amuse mais ne pardonne rien. Dans ce jeu d’apparences,\nd’influences, d’appartenances et de tablées, une femme, farouchement libre,\ngrave et fougueuse, qui ne s’épargne aucune souffrance, de tous ses yeux,\nregarde, s’arrête, et dans l’interminable des heures, attend. « Voir une femme :\nune seconde seulement, dans le seul et bref espace d’un regard, pour ensuite la\nperdre à nouveau, quelque part dans l’obscurité d’un couloir, derrière une porte\nque je n’ai pas le droit d’ouvrir – mais voir une femme, et sentir dans le même\ninstant qu’elle aussi m’a vue, que ses yeux se fixent sur moi, interrogateurs,\ncomme si nous devions nous rencontrer sur le seuil de l’étranger, de cette\nfrontière obscure, accablée, de la conscience...Â » Ce court texte, Alexis\nSchwarzenbach, petit-neveu d’Annemarie Schwarzenbach, raconte dans sa postface\nqu’il l’a retrouvé bien après sa mort dans les archives de Berne : un fragment\nsans titre, des pages en désordre, des passages entiers biffés, des traces\nd’inachèvement. Mais le manuscrit est daté : 24 décembre 1929, et c’est\nincroyablement tôt dans l’histoire mondiale de la littérature féminine et\nlesbienne. « Voir une femme » n’est pas (seulement) le récit d’une femme qui\naime une femme. Il est celui d’une femme qui voit, qui vit et, tout ensemble,\nécrit, du coeur de cet élan irrésistible, douloureux, violent qui l’attire vers\nl’autre, de cette tension de tous les nerfs, de tous les membres, de cette\n« attente de braise », de ce désir qui est souffrance et tremblement, de cette\nimpatience de vivre, d’aimer mille et mille fois - qui aiguise, qui exacerbe,\nqui décuple les sens, qui porte la vie elle-même à une intensité presque\ninsoutenable et par là, ouvre l’être jusqu’à l’extrême. Pour citer la préface\nd'Étienne Barilier : « Sa sensibilité extrême au désir, c’est une attention\ntotale à l’universÂ ». Une signature. Celle de l’une des plus grandes autrices\ndu XXème siècle.","brand":"POLLEN","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":57560055972223,"sku":"9782883402294","price":15.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0783\/9114\/8826\/files\/p6gw0fhyJhdzwcigiwajkpePddsEgJ04p5_-DgBB9c-lxb9tk9YsbQ-cover-large.jpg?v=1779184154","url":"https:\/\/librairiemajo.com\/products\/voir-une-femme","provider":"Librairie Majo","version":"1.0","type":"link"}